Swissquote prépare le lancement d’un service automatisé de gestion pour les fortunes allant jusqu’à 500 000 francs.
Depuis le début de l’année, la Bourse suisse est hantée par un trader virtuel: un ordinateur. Et c’est sans le moindre état d’âme que le Swissquote Quant Swiss Equity Fund achète et vend des actions. Maintenant que ce computeur a fait ses preuves, le trader en ligne Swissquoteva le décliner sous forme de nouveau service au cours du premier trimestre 2010 pour une clientèle cible disposant d’une fortune allant jusqu’à 500 000 francs.
«Avec une stratégie délibérément prudente, le fonds a réalisé une performance de 8% depuis le début de l’année, confie Marc Bürki, CEO et cofondateur de Swissquote. En temps normal, nous performons régulièrement le marché. Mais la nature prudente du portefeuille limite la hausse quand le marché explose.» Le risque du fonds est aussi limité à la baisse. Sa performance relative n’est cependant pas le plus important.Le Swissquote Quant Swiss Equity Fund est d’abord un outil expérimental. Swissquote s’en est servi pour vérifier que ses instruments informatiques fonctionnent bien.
L’offensive que prépare le trader en ligne n’est pas de vendre un fonds piloté par ordinateur mais d’automatiser la gestion de portefeuilles, correspondant au besoin et à la stratégie unique de chaque client. Car ces logiciels rendent bon marché cette forme de sur-mesure.Comme dans une banque privée, le client se verra proposer une stratégie en fonction d’un questionnaire qu’il remplira en ligne afin de déterminer son profil, ses préférences, ses objectifs et son horizon de placement.
A partir de là, l’ordinateur lui proposera un portefeuille individualisé. Validé par le client, ce choix sera ensuite exécuté automatiquement par des achats puis par une gestion dynamique au quotidien. En fonction des demandes du client, le programme générera des alertes pour le prévenir des décisions d’investissement.
Un computeur rationnel
Derrière une interface que Swissquote prévoit simple, les ingénieurs financiers de l’entreprise vaudoise ont dû monter tout un système pour rendre possible ce e-private banking. Il a d’abord fallu construire des bases de données dynamiques (les cours changent tout le temps) pour intégrer plus de 500 000 produits financiers.
Ensuite, les ingénieurs ont créé des modèles dits de value at risk, qui mesurent la volatilité historique des titres afin de déterminer s’ils sont stables ou au contraire risqués. Enfin, le système tient compte du facteur humain en intégrant les recommandations des analystes.Marc Bürki reconnaît que ces modèles ne prévoiront pas les chocs macroéconomiques. Qui le peut? Mais il insiste sur le fait que les décisions de l’ordinateur ne sont que rationnelles alors que souvent les investisseurs se laissent aveugler par des émotions qui les conduisent, par exemple, à systématiquement prendre leurs bénéfices sur les titres qui performent le mieux alors que ce sont souvent ceux qu’il faudrait garder.
L’automatisation de la gestion de fortune est-elle pour autant inéluctable? La concurrence est en tout cas en train de se mettre en place. Le Crédit Agricole vient de lancer sa banque privée en ligne B For Bank sur le marché français. Il n’a toutefois pas fait le choix de pousser autant les mathématiques financières que Swissquote. Signe de ses ambitions, l’entreprise suisse prévoit le recrutement d’une vingtaine d’analystes quantitatifs. A terme, Marc Bürki espère pêcher des talents dans le vivier, qu’il a mis en place à l’EPFL, autour de la chaire Swissquote d’ingénierie financière qui vient de démarrer.
Tiré de Bilan.ch
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Quand l’ordinateur devient un gérant de fortune
Swissquote prépare le lancement d’un service automatisé de gestion pour les fortunes allant jusqu’à 500 000 francs.
Depuis le début de l’année, la Bourse suisse est hantée par un trader virtuel: un ordinateur. Et c’est sans le moindre état d’âme que le Swissquote Quant Swiss Equity Fund achète et vend des actions. Maintenant que ce computeur a fait ses preuves, le trader en ligne Swissquoteva le décliner sous forme de nouveau service au cours du premier trimestre 2010 pour une clientèle cible disposant d’une fortune allant jusqu’à 500 000 francs.
«Avec une stratégie délibérément prudente, le fonds a réalisé une performance de 8% depuis le début de l’année, confie Marc Bürki, CEO et cofondateur de Swissquote. En temps normal, nous performons régulièrement le marché. Mais la nature prudente du portefeuille limite la hausse quand le marché explose.» Le risque du fonds est aussi limité à la baisse. Sa performance relative n’est cependant pas le plus important.Le Swissquote Quant Swiss Equity Fund est d’abord un outil expérimental. Swissquote s’en est servi pour vérifier que ses instruments informatiques fonctionnent bien.
L’offensive que prépare le trader en ligne n’est pas de vendre un fonds piloté par ordinateur mais d’automatiser la gestion de portefeuilles, correspondant au besoin et à la stratégie unique de chaque client. Car ces logiciels rendent bon marché cette forme de sur-mesure.Comme dans une banque privée, le client se verra proposer une stratégie en fonction d’un questionnaire qu’il remplira en ligne afin de déterminer son profil, ses préférences, ses objectifs et son horizon de placement.
A partir de là, l’ordinateur lui proposera un portefeuille individualisé. Validé par le client, ce choix sera ensuite exécuté automatiquement par des achats puis par une gestion dynamique au quotidien. En fonction des demandes du client, le programme générera des alertes pour le prévenir des décisions d’investissement.
Un computeur rationnel
Derrière une interface que Swissquote prévoit simple, les ingénieurs financiers de l’entreprise vaudoise ont dû monter tout un système pour rendre possible ce e-private banking. Il a d’abord fallu construire des bases de données dynamiques (les cours changent tout le temps) pour intégrer plus de 500 000 produits financiers.
Ensuite, les ingénieurs ont créé des modèles dits de value at risk, qui mesurent la volatilité historique des titres afin de déterminer s’ils sont stables ou au contraire risqués. Enfin, le système tient compte du facteur humain en intégrant les recommandations des analystes.Marc Bürki reconnaît que ces modèles ne prévoiront pas les chocs macroéconomiques. Qui le peut? Mais il insiste sur le fait que les décisions de l’ordinateur ne sont que rationnelles alors que souvent les investisseurs se laissent aveugler par des émotions qui les conduisent, par exemple, à systématiquement prendre leurs bénéfices sur les titres qui performent le mieux alors que ce sont souvent ceux qu’il faudrait garder.
L’automatisation de la gestion de fortune est-elle pour autant inéluctable? La concurrence est en tout cas en train de se mettre en place. Le Crédit Agricole vient de lancer sa banque privée en ligne B For Bank sur le marché français. Il n’a toutefois pas fait le choix de pousser autant les mathématiques financières que Swissquote. Signe de ses ambitions, l’entreprise suisse prévoit le recrutement d’une vingtaine d’analystes quantitatifs. A terme, Marc Bürki espère pêcher des talents dans le vivier, qu’il a mis en place à l’EPFL, autour de la chaire Swissquote d’ingénierie financière qui vient de démarrer.
Tiré de Bilan.ch