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Les banques privées helvétiques peinent à définir leur future stratégie
La profonde mutation qui se dessine dans le secteur de la gestion de fortune ne laisse pas indifférentes les banques privées helvétiques. Leur réflexion se situe toutefois encore au stade de l’analyse, observent les auteurs d’une étude sur ce secteur présentée mardi à Zurich par KPMG. «La branche se trouve encore très en amont dans l’élaboration de nouvelles stratégies», constate Günter Müller-Stewens, professeur en gestion d’entreprise à l’Université de Saint-Gall, coauteur de l’étude.
Les responsables des 30 plus grandes banques privées suisses (hors UBS et Credit Suisse) interrogés par KPMG estiment que les activités bancaires offshore traditionnelles vont décliner ces trois prochaines années. De plus, seuls 14% des répondants estiment que les marges bénéficiaires actuelles pourront être maintenues.
Vague de consolidation
C’est pourquoi il faut s’attendre à une nouvelle vague de consolidation au sein de ce secteur. Pour 36% des sondés, 50 milliards de francs d’actifs sous gestion apparaissent comme la taille minimale à atteindre. Une même proportion estime qu’un minimum de 10 à 20 milliards sera indispensable. Les établissements qui gèrent moins de 10 milliards sont particulièrement mis sous pression pour réévaluer leur positionnement. Pour autant, cela ne signifie pas que les plus petits établissements doivent envisager de cesser leurs activités. «La crise va conduire à une plus grande différenciation au sein de la gestion de fortune, un secteur resté jusqu’à présent très homogène», prévoit Günter Müller-Stewens de l’Université de Saint-Gall. «Les plus petites banques privées devront externaliser le traitement de certaines opérations», ajoute Daniel Senn, membre de la direction de KPMG.
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Outre la réglementation, la pression émane des clients: 40% des gérants indiquent que leurs clients demandent une baisse des commissions et 57% exigent plus de transparence sur les tarifs.
La remise en question du modèle «offshore» pénalisera certes les banques privées suisses mais pourrait aussi renforcer l’attrait pour la gestion «onshore». La pression accrue exercée sur les grandes fortunes dans certains pays va en effet inciter les personnes fortunées à transférer leur domicile en Suisse. «Cela conduira à une concurrence fiscale accrue entre pays», selon Günter Müller-Stewens.
Yves Hulmann
source : letemps.ch