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Les entreprises de télécoms restent les plus grandes moissonneuses à cash. Les surinvestissements d’hier sont devenus comme par magie les superprofits d’aujourd’hui. Mais le rêve touche à sa fin.

Dans la vie, il n’y a que deux choses qui sont certaines: la mort et les impôts, dit le proverbe. On devrait y rajouter les factures de télécommunications Internet et mobile. L’un dans l’autre, 2% des dépenses des ménages suisses partent dans ces services contre 1,5% il y a dix ans.

La situation est très simple: aujourd’hui en Europe, pas un secteur n’affiche des marges aussi grasses, des profits en croissance aussi élevés malgré la crise et des dividendes . Les marges opérationnelles des entreprises du secteur, en particulier des opérateurs historiques comme Swisscom, sont toujours de 35% et plus.

Swisscom devrait verser 7,4% du prix de son action cette année contre 4% pour Novartis et 3% pour Nestlé, selon la Banque Vontobel.

Grâce à cette situation unique dans l’environnement économique actuel, les opérateurs télécoms ont à peine vacillé pendant la tourmente boursière.Pourquoi ces titres ne s’apprécient-ils pas davantage, maintenant que les marchés retrouvent des couleurs? La réponse de Serge Rotzer, analyste qui suit les valeurs télécoms à la Banque Vontobel ne laisse pas de surprendre: «Leurs meilleures récoltes sont derrière eux

Un marché saturé

 Dans ce contexte, les opérateurs historiques ont pu maintenir, jusqu’à maintenant, de très haut niveau (de 30% à 40%) de marges opérationnelles. Après avoir réduit leur endettement de moitié entre 2002 et 2006, ils se retrouvent avec des quantités de cash qu’ils ne savent plus comment investir.

Comme Swisscom, qui lui n’avait pas connu le problème initial de l’endettement, ils augmentent leurs dividendes et multiplient les programmes de rachat d’actions pour retourner de l’argent aux actionnaires. On en arrive ainsi à la situation actuelle où les opérateurs moissonnent le cash comme aucune autre industrie. Au point de plus savoir comment l’investir. Certes, ils ont bien encore quelques dépenses à consentir dans leurs filiales étrangères ou pour moderniser leur réseau.

Mais ce n’est plus du tout la même situation que d’investir à long terme pour moderniser une infrastructure que d’en créer une ex nihilo. Les opérateurs télécoms ressemblent à ces sociétés d’exploitation d’autoroutes qui, au bénéfice d’un bail de nonante-neuf ans, disposent de péages pour rembourser une infrastructure amortie en vingt ans. Cette situation apparemment enviable masque pourtant des difficultés profondes.

La principale tient de la saturation du marché. Le taux de pénétration du téléphone portable atteint déjà 106,6% en Suisse, 126% en Grande-Bretagne et 131% en Allemagne, beaucoup de gens ayant un appareil professionnel en plus du privé. En 2007, un quart des Français, des Britanniques et des Allemands et même près d’un tiers des Suisses sont des abonnés de l’Internet à large bande. En d’autres termes, il ne reste plus beaucoup de croissance possible. D’autant moins que si la consommation grimpe en volume, c’est essentiellement dans le cadre de forfaits illimités

D’après Bilan.ch

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